Album souvenir du 25 ième anniversaire des Pionniers (1997)

Table des matières

Chapitre Auteur
Mot de bienvenue  Eric Savard
 La piste: La vie Gaston Lapointe
 Historique du Secteur  Rémy Bédard & Louis
 Un projet...  Jacques Proulx
Vers de nouveaux défis  Richard Côté
 La piste: Lieu d'audace et d'adoration  Pierre Tousignant
 Le signe du pionnier: L'amulette  Pierre Tousignant
 Témoignages de deux anciennes  Isabelle Langlois & Madeleine Piuze
 Une nuit sur les Saddlebacks  Mathieu Albert
 Un point cinquante-neuf  Michel Gagnon
 Un secteur en évolution  
 Les anciens ......  

 

 

MOT DE BIENVENUE

Pionniers(ères), animateurs(trices),

J'aimerais au nom de l'équipe actuelle des membres du personnel, vous souhaiter à tous et à toutes, la plus cordiale des bienvenues.

Je souhaite ardemment que ces trois journées au camp vous permettent de revivre, pour un moment, au rythme du secteur pionnier.

Vous serez à même d'observer le cheminement du secteur pionnier au cours de ces 25 années d'histoire, mais également d'apprécier comment l'essentiel et les objectifs demeurent les mêmes, soit que des adolescents apprennent à se connaître dans un cadre où chacun se sent apprécié et respecté.

Également, je profite de l'occasion pour remercier les membres du comité organisateur ainsi que tous ceux qui ont participé à l'organisation et au succès de ces retrouvailles. Merci !

Que votre séjour soit des plus agréable parmi nous. Je vous souhaite de belles retrouvailles !

Amitiés

Éric Savard
Chef de camp
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LA PISTE: LA VIE

Il n'est pas surprenant que la " Piste " soit si attirante puisqu'elle permet de vivre en raccourci ce que la vie nous réserve: de l'inquiétude à l'exaltation, de la tristesse à la joie, de moments de folie aux moments euphoriques, éclatements, explosions, paradoxalement, goûts de silence et d'absolu et quoi donc encore pour décrire ce qui se passe dans ce bout de Piste de nos vies qui se situe habituellement entre 13 et 18 ans. Pas surprenant non plus ces cris du coeur entendus lors des "retours" près d'une chandelle: "La Piste Appalache? Les sept plus beaux jours de ma vie" (dixit un fils de multimillionnaire) " "J'ai vaincu la montagne, je sais maintenant que je peux vaincre plusieurs sommets". Pas surprenant aussi ces silences d'une rare intensité.

Après 25 ans comme chef de camp, j'avais besoin, besoin d'aller plus loin, au fond des coeurs. Les ados du secteur m'ont permis de réaliser mes rêves et mes ambitions à leur insu. Leur fougue, leur désir de vaincre, l'enthousiasme où le phénomène d'osmose psychologique avec certains d'entre eux m'ont permis de goûter à des joies indicibles. J'ai donc continué mon "dur boulot" pendant 10 autres années et je leur suis redevant. "Merci". Merci à tous ceux et toutes celles qui m'ont "élevé" dans tous les sens du mot.

D'une autre façon maintenant, je continue l'aventure... en me souvenant de ces mots du poète : "Il y a ces paroles qui naissent du silence".

Gaston, L. ptre

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HISTORIQUE DU SECTEUR

 

Le Camp Tékakwitha, comme on le sait tous, est un camp où l'on revient. Et quand on revient, on revient longtemps! Ainsi des campeurs ayant commencé à 7 ans dans les fameuses cabines des Castors et des Chevreuils pouvaient avoir 7 ans d'ancienneté rendus à 14 ans. Les Olympiques, le Cirque, le tour du lac lors du camping et toutes ces activités attrayantes pour un nouveau campeur commençaient à perdre de leur saveur après plusieurs années de répétition. Ce fait, couplé au phénomène de l'adolescence où l'on recherche des défis, a amené certaines personnes à élaborer un nouveau secteur qui apporterait du renouveau.

Ainsi en mai 1972, Pierre Tousignant amène le concept de la piste appalache et au printemps 1973, Gaston Lapointe, Richard Côté et Jacques Proulx émettent l'idée d'un camping spécial pour les plus vieux. Cependant, avant que démarre les "vrais" pionniers en 1973, ceux-ci furent précédés de 1971 à 1973 d'un groupe de jeunes âgés de 14 ans appelé les "Seniors"

1971

C'est donc en 1971 qu'est formé le premier groupe de seniors. Ceux-ci logeaient à l'ancienne ferme qui était à coté de la grange.

Dès cette première année, le groupe, avec Jean Poulin en tête, se lance à la conquête du Mont Washington. Ils atteignent le sommet. Mais l'armée américaine, qui se trouvait au sommet, ne semble pas apprécier leur présence et les fait redescendre, non pas manu militari mais presque...

Pierre Tousignant, qui accompagnait le groupe, était le seul à posséder un sac de couchage! Les autres devant se contenter de deux couvertures de laine. Incroyable mais vrai!

Quant à la nourriture, point de déshydraté. On traînait plutôt une vingtaine de pains entiers, des conserves, des blocs de fromages, etc.!

1972

Pour la deuxième année des seniors, suite à la découverte de la piste appalache par Pierre Tousignant, le groupe effectuera pour la première fois une excursion sur ce sentier. Ils partiront de Grafton Notch pour se rendre à la base des Bemis (route 17). Cependant, l'idée de départ était de parcourir le trajet Grafton Notch -> Sugarloaf en 7 jours! 150 milles en 1 semaine, pourquoi pas... Rapidement, en court de piste, le trajet fut légèrement modifié pour se contenter d'une longueur plus réaliste...

1973

Cette année marque la première saison officielle des pionniers. Il y a eu un groupe de 17 (!) pionniers à chacune des périodes. Ceux-ci étaient logés dans les cabines du secteur. Par contre, le Manoir servait encore à cette époque à loger les amiraux et ce territoire était un no-man's-land absolu...

De plus, il faut noter que le groupe senior de la ferme a coexisté cette année là avec les pionniers du secteur. Une certaine rivalité, pour ne pas dire plus, existait entre ces deux groupes...

Richard Coté, responsable du secteur, et Jacques Proulx étaient les animateurs des pionniers. En plus des animateurs, chaque groupe possédait un accompagnateur. Louis et Pierre Tousignant ont donc accompagné chacun un groupe à cette saison.

Le trajet pour la première période fut "Monson - Kennebec River", puis à la deuxième période, le choix s'est arrêté sur le trajet "Bemis Mnt. - Grafton Notch".

Dès cette première année pionnier, l'amulette est apparue et devient dès lors le symbole du pionnier. L'idée de la création d'un symbole pionnier est venue en premier lieu pour apporter une dimension autre que les badges des campeurs. D'ailleurs, les pionniers de cette époque n'avaient même pas droit à la badge des ours polaires.

De plus, l'idée des projets a également été pensée en 1973. Le premier projet pionnier fut la sente du pionnier et a été inaugurée par Valencia Marcoux (qui a eu 100 ans le 20 août cette année). La sente ne fut pas complétée la première année. En fait, des pionniers ont travaillé sur ce projet pendant trois étés. Le sentier existe toujours (après quelques rénovations) et vous pouvez toujours apprécier au Manoir le plan de la sente créé à cette époque.

1974

Dès 1974, deux groupes de pionniers sont présents au camp pour les deux périodes de l'été. Ceux-ci sont encore très nombreux (17 à 18 pionniers). Ils sont guidés par deux animateurs plus un accompagnateur. À noter, qu'il y a même eu un groupe de 21 pionniers cette saison-là. Un cinquième animateur (Rémi Bisson) a donc été nécessaire. Ceci donnait un total de 24 personnes (deux groupes d'aujourd'hui) en piste.

De plus, c'est à cette saison que le groupe de Denis Chalifoux, Louis et Jacques Proulx ont eu la "brillante" idée de coucher au sommet du Saddleback (voir plus loin le récit de cette épopée). On avait oublié le fait qu'il vente légèrement au sommet des montagnes. Ainsi cette nuit-là, des vent de 100 à 120 km/heure ont soufflé toute la nuit. Résultat: une tente emportée par le vent (mais sans les pionniers...) Donc les animateurs, n'écoutant que leurs grands coeurs, acceptent de partager leurs pop-tent avec une troisième personne. On était légèrement à l'étroit... De plus, Denis Chalifoux et Louis doivent prendre du Pepto-Bismol une partie de la nuit, le clappement incessant des tentes leur donnant le mal de mer !

Enfin, c'est en 1974 que pour la première fois les animateurs ont couché dans la fameuse tente verte. Celle-ci fut utilisée pour de nombreuses années et fut l'objet de party mémorables lors des retours de piste...

1975

Le nombre de pionniers par groupe est ramené au format actuel, c'est-à-dire douze jeunes accompagnés de deux animateurs. De plus, les pionniers prennent possession du Manoir. Pendant quelques années, on parlera des pionniers "cabines" et des pionniers "manoir".

1977

Cette année marque la première piste senior. Pour la première fois, un groupe de pionniers montait au sommet des 5,267 pieds du Katahdin. Par contre, il s'en est fallu de peu pour que le groupe ne se rende pas au bout de leur piste. En effet, un feu de forêt s'est abattu sur le Baxter State Park (Parc où se trouve le Mont Katahdin) cet été-là. Ce n'est qu'à la dernière minute que le groupe a su qu'il serait possible de monter le Katahdin. D'ailleurs, au passage du groupe, les arbres fumaient toujours. Les animateurs pour cette première longue piste sont Martin Coté, Christian Drolet et Pierre Tousignant.

Coté nourriture, 1977 est une grande année. Une thèse de maîtrise réalisée par deux étudiantes en diététique inspire les gens du camp pour créer de nouveaux menus de piste. Ainsi, pour la première fois, la nourriture pionnier sera réalisée au camp au lieu d'être achetée à l'extérieur.

Les nouveaux menus seront mis à l'épreuve lors de la piste senior seulement. Si l'on note une grande amélioration coté qualité, les quantités ne sont pas adéquates. Les ventres affamés créent donc quelques frictions à l'intérieur du groupe.

1978

Pour les saisons 1978 et 1979, cinq groupes sont présents au secteur pionnier dont un groupe de seniors par été.

De plus, pour la première fois un chef de groupe est responsable exclusivement du secteur pionnier (auparavant le chef de groupe du terrain s'occupait aussi du secteur). Pierre Tousignant devient donc le premier chef de groupe officiel du secteur pionnier.

Enfin, suite au test de nourriture de 1977, tous les groupes pionniers bénéficient de la nourriture " nouvelle cuisine ".

1980

Le camp recevra deux groupes de pionniers seniors pour la première fois.

1984

Un quatrième groupe pionnier fait son apparition. Il y a donc deux groupes de juniors. Cette situation sera présente de façon intermittente jusqu'à 1990. Afin de loger le nouveau groupe, une rallonge au Manoir est construite.

Puisque huit animateurs sont nécessaires, la tente verte est maintenant trop petite. Les animateurs sont donc transférés au Manoir. Quant à la nourriture, elle se retrouve dans la tente verte. Ceci fait bien le bonheur de quelques ratons laveurs qui semblent apprécier les gâteaux pionniers. Afin de mieux protéger la nourriture, il devient nécessaire de construire l'actuelle cabane à nourriture.

1985

Modification à l'amulette. À partir de cette année, les lettres de chaque coté des barres progrès (orange) de l'amulette font leur apparition. Ainsi, une barre progrès est donnée pour chaque année passée au camp. De chaque coté de celle-ci, deux lettres se retrouvent. Il s'agit du symbole d'une qualité représentative d'un point fort du pionnier ainsi que d'un défi à relever.

De plus, 1985 marque la première année des Ainés. Guidé par Pierre Tousignant, différents groupes d'adultes ont pu ainsi profiter de la Piste Appalache. Six pistes ont été réalisées en 1985 et 1989: quatre entre la rivière Kennebec et le Bigelow (route 27) et deux qui ont culminé au Katahdin.

1991

Le premier groupe de pionnières est créé. Pour cette première année de pionnières, le trajet fut de la Kennebec à la route 27 (après le Bigelow Range). C'est un trajet de 38 miles qu'elles ont accompli en 8 jours. Aujourd'hui, les trajets des pionnières sont presque semblables à ceux des pionniers. Seules quelques différences mineures persistent.

Les pionnières sont logées toutes ensemble dans une grande tente. Quant aux animatrices, elles ont une tente à elles aussi. Cette situation durera pour deux ans.

1993

Pendant l'hiver, l'Ermitage est construit. Ce bâtiment permet d'accueillir un deuxième groupe de pionnières. De plus, c'est en 1993 qu'un premier groupe de pionnières monte au sommet du Katahdin.

1996

La deuxième période voit l'apparition d'un troisième groupe de pionnières pendant la même période. Les pionnières seniors couchent dans la pièce centrale de l'Ermitage.

1997

Construction d'une rallonge à l'Ermitage permettant de loger un troisième groupe de pionnières.

Un total de douze groupes pionniers sont présents au camp au cours des deux périodes de l'été 1997. Ce qui donne un total record de 122 pionniers pour l'été au complet.

Le secteur pionnier fête son 25e anniversaire et plus de 150 personnes participent à l'événement.

Rémy Bédard
Louis
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UN PROJET

Une idée qui vient...

Un projet qui naît...

Une idée qui progresse...

Un projet qui grandit...

Et aujourd'hui, cette idée devenue projet fête ses 25 ans.

Né du rêve de quelques personnes, il est devenu l'oeuvre de plusieurs artisans.

Cette année, nous fêtons les vingt-cinq ans d'un projet collectif.

Hommage aux pionniers des premières années qui ont accepté le défi d'un projet rempli d'inconnus et d'imprévus.

Hommage aux animatrices, animateurs et responsables de secteur qui ont permis au projet de se développer et de s'adapter à de nouvelles réalités.

Hommage aux pionnières et pionniers d'aujourd'hui qui continuent de croire que la vie est faite de projets à réaliser et de défis à relever.

Cette année, nous fêtons les vingt-cinq ans d'un projet qui a permis à des centaines d'adolescentes et d'adolescents de grandir et de cheminer ... Tout comme eux, le "secteur" demeure, après tant d'années, un projet qui ne cesse lui aussi de grandir et de cheminer. Ce qui en fait son importance n'est pas tellement son envergure mais bien sa continuité et sa volonté d'appartenir non pas à quelques personnes mais bien à une collectivité.

Oui, le "secteur des Pionniers et des Pionnières" est avant tout une oeuvre collective et c'est ce qui est important de fêter cette année.

Jacques Proulx
Animateur pionnier 1973-1974

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VERS DE NOUVEAUX DÉFIS

Par un bel après-midi de juillet 1972, assis sur la roche à l'entrée de la descente de la plage, contemplant le lac, nous réfléchissons à ce que nous devrions faire pour rendre plus attrayant un séjour au camp aux ados assoiffés de nouvelles expériences et de défis à leur mesure. Après quelques rencontres durant l'hiver et le printemps 1973 avec le Chef Gaston, Pierre Tousignant et Jacques Proulx, la section des pionniers a pris forme à l'été en gravitant autour de la piste Appalache et une programmation particulière qui lui a survécu dans le temps soit une partie "projet pionnier", la préparation matérielle, physiologique et psychologique à la grande expédition en piste Appalache, l'expédition elle-même, le retour de piste et la remise d'une amulette personnalisée.

Je ne voudrais pas passer sous silence les premières pistes que j'ai vécues avec Jacques P, Louis G et Pierre T où d'innombrables expériences et souvenirs seront gravés à jamais à notre esprit. Que ce soit le fameux bain rafraîchissant dans cette petite rivière après une journée aride et difficile, la découverte de ce tisserand acharné nous dévoilant un chef d'oeuvre, du jamais vu, en regard d'une toile d'araignée, ces vents violents en pleine nuit sur les Saddleback faisant plier nos poteaux de tente, cette cueillette miraculeuse de bleuets sur les Bemis, ces délicieux dîners à la sardine, beef jerky, chocolat Baker et raisins secs, mais ceci valait bien l'ultime résultat soit la découverte de ce merveilleux univers aux sommets de ces appalaches... La piste nous a aussi imposé de longues réflexions sur nous-mêmes lesquelles nous servent sûrement encore à l'occasion.

En terminant, ce qui me fait très chaud au coeur, c'est de savoir qu'au cours de ces 25 années plus de 1000 pionniers (ères) ont eu la chance de vivre et partager avec leurs co-équipiers des expériences similaires, meublant ainsi leur esprit de souvenirs intarissables et ce incluant mes deux fils Maxim et Guillaume et mon frère Martin.

Merci à la grande famille Tékakwithienne qui a perpétué la tradition au cours de ces années. Longue vie à la section et à l'uvre du camp, nous comptons sur vous.

 

Richard Côté

 

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La piste Appalache : lieu d'Audace et d'Adoration

1972 - Le soussigné, avec Marc-André Goulet, fait chaque fin de semaine l'allée retour Sherbrooke CKTA, ce, par divers chemins. Et chaque fois ce signe intriguant: Au camp, 12 gars en mal d'un projet unificateur les Seniors, ancêtres des Pionniers. De là est né la première piste vécue ; préparation et connaissances insuffisantes, équipement inadéquat... mais quelle randonnée où les coeurs se sont révélés en vérité et beauté par les creux et les sommets.

1973 - Naissent les Pionniers ; la piste appalache sera la plaque tournante de leur expérience et marquera chacun, chacune à jamais. C'est inscrit dans la loi de la Montagne.

La Montagne : au départ on y va pour la vaincre, emporté par l'illusion de la jeunesse ou la témérité du jeune adulte. Pour découvrir que c'est elle, la Montagne, qui en sort vainqueur : elle nous aide à nous vaincre nous-mêmes et à nous découvrir en toute vérité. Car si elle nous met en piste, c'est à la manière d'un grand pèlerinage : elle nous conduit au cur de la nature, aux sources mêmes de notre être. Elle devient le lien de l'épiphanie (pleine manifestation) de notre identité profonde. En Montagne, pas de tricherie possible : elle nous dépouille de ce qui est faux, artificiel, passager. Lequel d'entre-nous n'y a pas rencontré ce moment indescriptible où l'on est obligé de se voir tel que l'on est et de se livrer ainsi aux autres.

Elle nous dit par les montées abruptes, les descentes incertaines, les sommets d'extase ou de déception, les sources vives, que nous sommes essentiellement des pèlerins et que notre vie est irrésistiblement une montée.

Elle est départ. Dans le dépouillement là vécu, on y découvre ses insatisfactions, ses limites, ses faux paradis, ses peurs et l'insuffisance de ses avoirs... pour mieux ensuite percevoir ses soifs profondes et la quête d'absolu qui tisse toute personne.

Elle est sacrifice. Les pieds font mal, les épaules creusent, le dos ploie, le corps s'épuise... et l'esprit se vide de la fausse image que l'on a de soi-même (et des autres aussi). On doit alors mourir à soi-même pour renaître. Et cela fait mal... ! Et c'est si beau!

L'expérience de la Montagne a été offerte aux pionniers, gars et filles, autant qu'aux adultes d'ailleurs, parce que :

a) Monter est dans la nature humaine, par essence, et que nous sommes appelés à passer d'une vie grégaire à la communion dans l'amour par la contemplation du Beau, du Vrai, du Bon.

b) La montagne aide et favorise cette montée humaine par toute une série de réalités (marche, escalade, traversée...) qui construisent et maintiennent notre équilibre physique, psychologique et spirituel.

c) La montagne, par les vastes panoramas offerts, nous aide à nous situer à notre vraie place au cur du monde... sans tricherie ni illusion : infiniment petits... et infiniment grands!

d) La montagne offre un climat favorable au recueillement, à la réflexion. Dans le silence des longs moments de marche ou des instants vécus aux sommets, elle nous pousse à toucher du doigt notre besoin vital d'aller en profondeur nous retrouver et rencontrer Dieu.

Tout cela, nombre de témoignages éloquents viendraient l'appuyer! A chacun de s'y retrouver par le souvenir.

Mais au delà des beaux souvenirs qui s'éveillent demeure une question vitale : " Qu'ai-je fait du trésor découvert alors? Me vitalise-t-il encore ? Influence-t-il mon action dans le monde d'aujourd'hui?"

A moi seul de répondre...!

Suis-je encore un pèlerin de la Montagne marchant dans l'Audace et l'Adoration ?

Pierre Tousignant

 

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Le signe du Pionnier : l'Amulette

Pas évident de décrire par des mots fragiles et limités l'amulette du pionnier; au départ, elle se voulait justement signe et symbole plutôt qu'objet lié au vocabulaire. L'amulette était porteuse de l'indivisible et de l'indescriptible au cur de chacun.

Les fondateurs du secteur voulaient que les pionniers dépassent l'étape, légitime en soi, des récompenses ou stimulations données aux campeurs, tels badges, trophées, médailles et rubans. Ils désiraient plutôt pour eux un symbole auquel s'identifierait le pionnier et qui le suivrait dans les diverses étapes de son cheminement, marquant son évolution et sa croissance au secteur.

Nous sommes loin, ici, de cette définition du dictionnaire : "objet que l'on porte sur soi par superstition et auquel on attribue une valeur magique". Issue de la symbolique, de la poésie, de la connaissance des rites de passage africains ( le père Lionel Dion donnant ici précieux conseils ) tout autant que de la folie des bâtisseurs du secteur, l'amulette portait en elle la sève du pionnier. Impossible de l'acheter ou de la conquérir au terme d'une épreuve ou d'un concours! Irremplaçable, et ce, de façon absolue : comme la vie de chacun qui est unique.

Elle révèle au pionnier ce qu'il a été et ce qu'il a vécu sous le regard de ses pairs et animateurs. Elle lui montre les écueils à franchir pour continuer la progression, s'appuyant sur les richesses et forces démontrées. Elle lui ouvre des pistes neuves, lui lançant des défis, qui, parfois, écorchent et prennent de court.

Elle lui rappelle qu'il sera toujours un pionnier en projet... Et que sa vie ne sera pleine et belle que dans la mesure où il se sera découvert et assumé pleinement dans ses forces et limites et ce, nécessairement en lien avec les autres et avec celui qui l'a créé pour les sommets.

L'amulette c'est cela... Et encore plus... Pour qui sait lire le cur de celui ou celle qui la porte! Qui ne se rappelle les regards qui en disaient long au soir de la remise des amulettes : les espérances et appréhensions, les peines et les joies, les solidarités et les poignées de mains! Et l'accompagnement attentif toujours présent...

Que cela est-il devenu 5, 15, 25 ans après?... L'amulette n'est-elle pas encore pour qui la contemple au mur ou sur son bureau, le symbole de ce qu'il est devenu et de ce qu'il est appelé à être ; un marcheur en quête de sommets intérieurs... De ceux qui ne s'atteignent que dans l'Audace et l'Adoration.

Pierre Tousignant

 

Témoignages des deux anciennes, anciennes....

Nos petites frimousses ont flairé le camp il y a plusieurs années... et les petites filles que nous étions à l'époque (1986) ont tout de suite été charmées par l'ambiance particulière du Camp. D'année en année, nous avons voulu aller plus loin, aux limites de nous mêmes, repousser la frontière de nos expériences et nous sommes parties pour la première fois un groupe de filles à la conquête des Appalaches (1991).

Malgré les "énormes" 36 milles qui nous ont été confiés et la séduisante tente jaune qui nous servait humblement de logis, nous avons adopté la piste comme elle a su nous apprivoiser de ses merveilles. Si bien qu'aujourd'hui, nous voilà animatrices pour faire vivre ce périple à de jeunes filles en soif d'aventure telles que nous étions nous mêmes et nous sommes fières de participer de notre mieux à ce super projet.

Bonne piste à tous

On a toujours une montagne à affronter devant nous.

 

Isabelle Langlois et
Madeleine Piuze
 
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Une nuit sur les Saddleback!!!

Il faisait nuit. Nous étions au sommet des Saddleback. Le vent s'était soudainement levé, puis un orage a éclaté. Plusieurs tentes n'ont pas tenu le coup et ont été arrachées du sol; la plupart étaient détrempées. Quelques pionniers se sont précipités vers la petite maison abandonnée qui se trouvait à proximité pour y trouver refuge (elle était fixée au sol par un système de câbles d'acier). D'autres se sont entassés à trois dans les quelques "pop tents" qui résistaient tant bien que mal aux assauts de la tempête.

Si je me rappelle bien, c'était en 74, j'avais 15 ans. C'est au cours de cette nuit, qui fut pour nous épique, dois-je le préciser, que j'ai expérimenté pour la première fois ce qu'est la solidarité. L'expérience fut marquante ... et bien arrosée.

C'est lors de cette piste dans les Saddleback que j'ai également éprouvé pour la première la force d'une émotion devant la splendeur des paysages. Pendant quatre ou cinq jours, les lacs, les rivières, les montagnes et les vallées nous ont offert le spectacle grandiose de leur pérennité et de leur immensité. Devant ces paysages à perte de vue, une sorte d'envoûtement s'emparait de moi; une paix sereine s'installait.

La préparation que nous avions reçue avait été par ailleurs d'une extraordinaire efficacité et pertinence. Nos moniteurs, ainsi qua Gaston Lapointe, le Chef de camp (très respecté et aimé) de l'époque, nous avaient réunis un soir à la chapelle. Quelques chandelles disposées au sol diffusaient une lumière pâle, donnant ainsi un caractère quasi-monacal à notre lieu de rencontre. L'atmosphère, empreinte d'une certaine gravité et de recueillement, était propice à la découverte de soi et des autres.

Nous parlions de nous, de la nature, de la vie. J'avais l'impression que nous nous préparions à entreprendre un voyage initiatique, une sorte de traversée de soi à travers la traversée des montagnes. Devant l'authenticité de ces propos échangés et la profondeur de la vision du monde qui nous était proposée, je me souviens d'avoir été ému jusqu'aux larmes. Quelque chose d'indicible et de fort se produisait. C'était comme si j'étais engagé avec les autres dans une aventure qui prenait place non seulement au plan physique, mais également humain et moral. Une énergie collective émergeait peu à peu. En dépit de mon tempérament rebelle et fortement individualiste, j'éprouvais une joie d'appartenir à un groupe dont les membres allaient vivre, tout comme moi, une expérience unique; une expérience qui, en fait, était celle d'un dépassement de soi et d'un apprentissage de la force du lien collectif.

Voilà le souvenir que je conserve de ce qui allait devenir ma première piste ( je suis devenu par la suite un amateur de randonnées pédestres) et la signification qu'elle a eue pour moi.

Mathieu Albert
 
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Un point cinquante-neuf !!!

Les vieux sapins poilus des Bémis se moquent de ma gueule. Le lichen rigole lui aussi. J'entends même le hoquet étouffé des roches crampées.. De sorte que je n'entends plus Jean Ferrat. Les yeux fermés, je revois la maudite pancarte: chiffres blancs sur fond brun : 1.59. Les roches se mettent à rire plus fort.

Je me rappelle maintenant...l'année d'avant, les chiffres narquois étaient à la même place: 1.59. Ce n'est ni le prix d'un gramme de poisson déshydraté ni I'amplitude de l'oscillation de mes genoux que la fatigue fait claquer. 1.59 mille avant le lean-to.

1.59... I1 n'y a pas de doute, un lutin sadique a dû changer le point de place ou les plaques tectoniques ont dérapé plus vite que prévu.

1.59... J'ai dû prendre une plaque de lichen pour un signe de piste et je suis perdu.

1.59... Totalement impossible et pourtant, le lait en poudre n'a pas pu surir au point de me saouler, l'odeur de mes bas provoque le dégoût mais pas le délire et il n'y a théoriquement rien d'illégal dans le gâteau hermite.

1.59... Je tente de me consoler en pensant à Jacques Boulanger: quatre fois les Bémis ... quatre fois le 1.59 mille maléfique.

1.59... Le doute, la peur et la frustration ont maintenant un numéro.

1.59... La panique veut me gagner mais il y a le soleil qui décline lentement au-dessus des cimes et le vent qui console ma peau brûlante et la montagne qui s'approche de mon oreille pour me confier son secret: la vérité dans les histoires de piste est comme le mille appalachien, c'est élastique.

 

Michel Gagnon
 
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Un secteur en évolution

Nous avons marché beaucoup en piste depuis 25 ans! Nous aussi mangé beaucoup en piste depuis 25 ans!!! Voici donc un petit aperçu de l'évolution des menus au cours de ces 25 dernières années. Également, nous vous offrons un aperçu de l'évolution des brûleurs et des tentes au cours de cette même période.

1972

Cannes de jam

Cannes de beurre d'arachides environ 10 lbs

Bloc de fromage 8 à 10 lbs

Pain (2 à 3 douzaines)

Lait en poudre

Sardines et biscuits soda

Beef Jerky

Raisins secs

Cam Pam Jambon pressé

Fruits en boîte

1973-74

Nourriture déshydratée

Bernard's food (chili con carne, beef stew)

Biscuits style Arrow roots

Raisins

Tartinade au thon et biscuits

Desserts Jello

1975-76

Mountain house

1977

On a commencé à faire notre nourriture déshydratée.

Gâteau de piste (Université Laval)

Recettes de buf, de dinde, de poisson et de légumes déshydratés

Pâtes alimentaires

GLLOQ

1978-79

Séparation GLLOQ sucré et salé

1979 à 1991

Amélioration sur le goût

1991 à 1994

Disparition du riz au poisson

Fettucini alfredo et spaghetti

Disparition de l'instant breakfast aux fraises et germe de blé

Apparition du Gâteau aux bananes et carottes pour 2ième et 4ième dîner

1995

Ajout de M&M au Glloq sucré

Ajout de capsules d'iode pour purifier l'eau

 

Évolution des brûleurs

 

1973

On cuit directement ur le feu

1974

Grass Hooper (jaune 3 pattes)

1977

Bleuets

1984

Peak one

1990

Le Peak one disparaît. Il est remplacé par le MSR

 

 

Évolution des tentes

 

1972

....Pouvaient à peine porter le nom de tente

1973

Le double toit n'est qu'une toile de plastique transparent

1974-75

Raclet 1ère génération (type junior 1)

1978

Raclet 2ème génération

1990

Les filles ont les premières Eureka , par la suite les Séniors et les

autres groupes graduellement

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Anciens chefs de goupe, conseillers de service et animateurs

 

Chefs de groupe

 

Tousignant Pierre: 1978 à 1982

Duplain Réjean: 1983

Proulx Jacques: 1984

Bilodeau Luc: 1985

Plourde Pierre: 1986 à 1989

Desgagnés Pierre: 1990 à 1991

Bédard Rémy: 1992 à 1993

Piuze François: 1994

Munger Carl: 1995 à 1996

Benoit Simon: 1997

 

Conseillers (ères) de service

Bédard Rémy

Bergeron Benoit

Bergeron Martin

Bergeron-Lord Josianne

Charest Rémy

Couture Alex

Lapointe Guy

Animateurs (trices)

Barry Bruno

Beaudoin Félix

Beauregard Luc

Bégin Thomas

Béliveau Luc

Benoit Simon

Bergeron Charles

Bergeron Claude

Bergeron Marie-Claude

Bergeron Nathalie

Bernier Vincent

Bilodeau Luc

Bisson Rémy

Blanchet André

Boivin Guy

Boivin Richard

Bolduc Sylvie

Bouchard Sylvain

Boucher Valérie

Boulanger Jacques

Bouliane Bernard

Boutin Caroline

Brosseau Simon

Brouillet Jean

Cantin Christian

Cantin Patrice

Caron Marc

Chalifoux Denis

Charbonneau Marc-André

Corriveau Marc

Coté Martin

Coté Richard

Couture Alex

Couture André

Danaeault Marc

Dargis Nathalie

De la Fouchardière Gabrielle

Delisle Mario

Desbiens Éric

Desbiens Louis

Desbiens Michel

Desgagnés Mario

Desgagnés Pierre

Desmeules Denis

Drolet Chritian

Drolet Sylvain

Dufour Mario

Dumas Yannick

Duplain Réjean

Fortin Denis

Fortin Jean-Pierre

Gagnon Marc

Gagnon Marie-Josée

Gagnon Marie-Josée

Gagnon Michel

Garneau Caroline

Genois Martin

Louis

Gingras Mario

Gravel Hugo

Gravel Kathy

Guay Bruno

Harton Steeve

Harvey Alain

Houde François

Houle Pierre

Jacques François

Joli-cur Sophie

Julien David

Labreque Paul

Lafortune Marc

Lajeunesse Richard

L'allier Jean-Christophe

Langlois Isabelle

Langlois Sylvain

Lapointe Charles

Laporte Daniel

Largie Marc

Larochelle Hélène

Lavoie Daniel

Lavoie Nicolas

Létourneau Louis

Levasseur Daniel

Levasseur Lucien

Marchand Éric

Marcoux Charles

Marcoux Louis-Étienne

Marcoux Sébastien

Martel Louis

Martel Nicolas

Martin Valérie

Martineau Louis

Maurice Daniel

Mercier Richard

Moreau Vincent

Morency Jean-Louis

Morin Jean

Munger Carl

Painchaud Geneviève

Paquet Benoit

Paquette Mélanie

Pelletier Bernard

Pelletier Dominique

Piuze François

Piuze Hélène

Piuze Madeleine

Poulin Jean

Poulin René

Proulx Jacques

Ratté Alain

Roberge Cynthia

Rouleau Any

Santerre Serge

Santerre Serge

Savard Marc-Alain

Simard Éric

Simard Gilles

St-Laurent David

St-Pierre Nadine

Tanguay Caroline

Thivierge François

Thomas-Guy Félix

Tousignant Pierre

Tremblay Christian

Tremblay Claude

Tremblay Denis

Tremblay Sylvain

Tremblay Yves

Veilleux Daniel

Venne Patrick

Vigneault Chantal

 

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(Page du 25 ième)