
Deux personnages importants! Comme vous le remarquez (j'espère!), il ne s'agit ni d'Eric ou de Gaston, mais les deux individus bouclés ont chacun eu, à leur manière, des répercussions dans la vie du camp et la mienne....
La fois où le camp a failli fermer ses porte. Commençons par le premier individu: l'humain (c'est celui qui est à droite...). Il s'agit de François Cadieux et la photo date de 1971. L'histoire commence au mois de juin 1971... En cette année, j'étais chef de groupe et Gaston Lapointe était le chef de camp. Nous étions descendus au camp pour le pré-pré camp. Le camp débutait dans 2 semaines, nous étions plein à craquer et les membres du personnel arrivaient au camp pour le pré-camp dans une semaine. Et tout à coup, le ciel nous tombe sur la tête........
Un soir, le Père Clark, directeur du camp, vient nous voir au camp: il avait une mine plutôt sombre... Il nous dit qu'il vient d'avoir un appel des bureaux de l'Immigration des Etats-Unis à Portland et que tous les permis de travail des membres du personnel étaient refusés (une nouvelle loi américaine venait d'être passée qui restreignait le travail des étrangers aux E-U). Pas de permis, pas de membres du personnel. Pas de membres du personnel, pas de campeurs. Pas de campeurs, pas de Camp.... La catastrophe! J'étais complètement démoralisé. Mais Gaston nous dit, retroussons nos manches et faisons changer les choses. Cette semaine là, nous sommes partis en guerre....
Première étape, on va au bureau de l'Immigration à Portland, Maine, plaider notre cause: échec. Deuxième étape, on monte un peu plus haut et on contacte le bureau régional de l'Immigration pour la Nouvelle-Angleterre à Boston: deuxième échec. Le père Clark qui connaissait beaucoup de monde, avait ses entrées au bureau du sénateur du Maine, Edward Muskie. C'est ce sénateur d'ailleurs qui avait fait passer la fameuse loi à Washington. Pas de chance, on compatit beaucoup avec nous, mais on ne veut pas faire de passe-droit...
Notre moral commençait à baisser... On retourne à Québec et on rencontre le consul des Etats-Unis... Résultat? Vous l'avez deviné: Niet... Quoi faire??? Parmi les campeurs inscrits, il y avait des fils de ministres; on se dit: demandons-leur de nous aider et d'user de leur influence... Un autre insuccès: les Etats-Unis sont trop puissants...
C'est ici qu'entre en jeu le campeur bouclé du nom de François Cadieux du début de l'histoire....
Le papa de ce campeur, le hasard (ou Katéri?) fait bien les choses, s'adonnait à être l'ambassadeur du Canada à Washington!!! On décide donc de l'appeler à Washington et de lui dire que son fils ne pouvait venir au camp cet été... On lui raconte alors nos déboires... Quoi, dit-il, je viens tout juste de l'équiper au complet pour le camp! Çà ne se passera pas comme çà, laissez-moi l'affaire en main.... Quelques heures plus tard, il avait appelé personnellement le ministre de l'Immigration lui-même et l'affaire était réglée! Il était l'heure "J" moins une minute: le personnel devait entrer aux Etats-Unis le lendemain. Les grands bonzes de Washington appelèrent directement la petite douane où nous devions traverser pour leur dire de nous laisser passer. Je me rappelle encore de la figure des douaniers quand nous sommes passés: Mâchoire tombante, yeux ronds, épaules voutées: Ils se demandaient qui nous étions pour être si puissants que leur grand Manitou en personne les appelle! On a eu chaud!!!
Et le deuxième personnage de la photo me direz vous??? Bien, il est tard, la première partie de l'histoire était longue, vous êtes fatigués, ce sera donc pour une autre fois...
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